Quand on se dit que l'on n'y arrivera pas, que c'est au dessus de nos forces, que ça ne sert à rien de continuer puisqu'on est si peu capable. Alors que pourtant, on a toutes nos chances.
Le doute, c'est cette sensation d'impuissance face aux réalités de la vie, quand on voit tout ce qu'on a à réviser pour passer notre diplôme et que l'on se dit que c'est perdu d'avance, quand on est sur la route et que l'on fait une erreur et que l'on se dit qu'on ne l'aura jamais ce foutu permis. Et pourtant on voit tous ces incapables, encore moins crédibles que nous, qui réussissent. C'est-ce qui fait avancer. Se dire qu'il y a pire que soi. La technique de la moche: avoir une copine plus laide pour se sentir supérieure au moins à quelqu' un. De l'égoïsme à l'état pur. Mais c'est tellement ça.
Douter de soi, c'est presque cruel. Et lorsque le doute porte sur nos proches, nos plus proches. Qu'on se sent trahi sans en avoir la preuve. Que c'est une impression persistante et forte. Incapable d'accuser, faute de certitude. Ce n'est plus de la cruauté, on en arrive à une torture quotidienne.
Là est le pouvoir du doute. Nous faire vivre un enfer secret. Parce qu'on ne se vante pas de douter. Quasiment honteux. Les apparences servent au doute et nous desservent. Elles empêchent de trouver des réponses, Les réponses, parfois si simples.
Le doute, précurseur de la colère, de la révolte, de la haine, envers soi, envers les autres.
Mais si l'on ne doute pas, comment progresser? Ne pas douter signifie être sûr de soi, ne pas se remettre en question, ne pas émettre de jugement sur nous-même. Quelqu'un comme cela peut être qualifié d'imbu, de prétentieux, de méprisant.
Le fait de douter devrait donc être modulé, régulé.
Encore faudrait-il pouvoir maîtriser un sentiment...